La sorcellerie en renfort
Des arnaqueurs vident les caisses de leurs cibles en leur faisant tout simplement la petite monnaie. Déballage!
« A malin, malin et demi », dit le dicton. Alors que la population croyait être suffisamment sensibilisée sur les modes opératoires des escrocs qui foisonnent dans les rues de la capitale économique qu’une nouvelle pichenette a été créée et est actuellement en expérimentation. Les cibles sont les personnes dont la petite monnaie est incontournable pour la bonne santé de leur business. En effet, ces feymen d’un autre genre se présentent à leur cible. Puis, comme des bienfaiteurs, ils leur proposent de leur faire la petite monnaie sans retenir de commission comme cela est le cas dans la plupart des stations service. Face à une telle proposition, la cible craque et devient tout de suite une proie. Le feyman vous ravitaille en jetons à votre guise. Mais seulement, quelques minutes après, les pièces reçues disparaissent de votre sacoche ou de votre caisse.
Une jeune dame, call-boxeuse à Akwa, est depuis trois jours en faillite. Elle a en effet fait les frais de cette nouvelle forme d’arnaque. Mardi dernier, un homme s’est présenté à elle, lui proposant de lui fournir les pièces de 500 Frs. La fille cède et en demande pour 30 000 Fcfa. A l’arrivée du prochain client, elle sera surprise de constater que la sacoche dans laquelle ces pièces avaient été versées, est entièrement vide. Malgré ses pleures, rien n’y changea.
Deux semaines plus tôt, une commerçante d’huile de palme au marché Dakar est abordée par « grands clients ». Ceux-ci lui font des achats d’environ 150 000 Frs. Avec près de 125 000 Fcfa en pièce de 500 Frs. Mais, la commerçante entasse les pièces sus citées dans un récipient. Puis, elle y ajoute du sel. Sous les regards médusés des autres clients et commerçants de ce marché du 3ème arrondissement de Douala, une spectaculaire alchimie se produit : les supposées pièces de 500 Frs se métamorphosent en pièces de 25 Fcfa. Qu’est ce qui s’est passé ? Personne n’arrive à expliquer. Après une altercation entre la vendeuse et ses clients, tout revient à la normale. Le plus important est que cette dame a sauvé son capital.
Qui sera la prochaine victime ? Sans doute pas vous.
Vivien Tonfack