Un marché noir du produit autour de la Scdp
Habitations, ventes à emporter sont transformées en stations service atypiques.
« Briser les barrières sataniques », ce message d’une campagne d’évangélisation de la cathédrale de Douala affiché sur un mur dans l’une des entrées du lieu dit « carrefour agip » s’apparente à une exhortation à celui qui s’infiltre dans ladite rue où, la mafia du carburant a le vent en poupe. Il est presque 11 heures ce mercredi 6 novembre 2013, tout y est curieusement très calme. Un contraste avec le spectacle ahurissant qui se vit dans la nuit, à en croire certaines sources ici, ou qui a été vécu quelques jours plus tôt en plein midi. Ce jour là en effet, des hommes aux tatouages de gangsters se livraient à la vente en en plein air du carburant. Sorti des habitations ou des bars qui jonchent cette rue, le carburant était livré à divers clients à un rythme effréné. Les quels vendeurs et acheteurs, semblaient avoir développé un pidgin renforcé, comme code de communication afin d’égarer tout passant.
Néanmoins, les tâches translucides observées tout au long de la rue sus dites, tout comme sur les murs de certaines maisons sont vraisemblablement, les preuves de ce que ce marché noir n’est pas à ses débuts. Plus loin, à quelques pas l’entrée principale de la société camerounaise des dépôts pétroliers (Sdcp), « les pompes de bidon » sont bien présentes ce mercredi 06 novembre 2013. En l’absence de clients, les pompistes, torses nus, chassent l’ennui en commentant l’actualité. Entre leurs mains, les tuyaux qui leur servent sans doute à aspirer le carburant des bidons posés au sol sur les quels sont également posés des entonnoirs, pour ravitailler les potentiels clients. Des bouteilles d'eaux minérales ou d'huiles végétales contenant le liquide inflammable sont également posées dans des cageots en planche.
Même si personne n’ose parler de cette activité à visage découvert, quelques uns se limitent sous cape, à dire que les prix qu’ils appliquent sont nettement en deçà de ceux pratiqués à la pompe. Sur la provenance de ce carburant, certaines personnes reconnaissent qu’il vient du Nigéria, tandis que d’autres confessent que c’est du carburant « volé à la Scdp ».
Vivien Tonfack